Depuis le mardi 16 décembre 2025 à 10h45, l’usine Linde AMT de Mercus est totalement paralysée. Production et encadrement, réunis dans un mouvement historique, ont cessé le travail pour exiger un juste partage des richesses. Face à une direction qui accumule des millions en réserves, expulse les syndicats des négociations et répond par la provocation, les salariés, unis en intersyndicale CGT-CFDT, entament un bras de fer exemplaire.
C’est une scène rare dans l’histoire sociale de notre département, révélatrice de la profondeur du malaise qui traverse le monde du travail. À Mercus, les machines se sont tues, non pas par fatalité économique, mais par la volonté collective des travailleurs. Ce qui frappe d’emblée dans ce conflit, c’est l’unité sans faille des salariés de l’entreprise : l’ensemble du personnel, ouvriers de la production comme cadres de l’encadrement, tient le piquet de grève ensemble. Cette convergence des luttes sur le terrain démontre que l’attaque patronale sur le pouvoir d’achat est désormais si violente qu’elle transcende les catégories professionnelles habituelles.

Chronique d’un mépris annoncé : des caisses pleines, des miettes pour les salariés
Le conflit trouve sa source dans une succession de trois réunions de négociation sur la Prime de Partage de la Valeur (PPV), marquées par une intransigeance patronale croissante. Le mépris s’est affiché dès la première séance, lorsque la direction a proposé une prime dérisoire équivalente à 0,5 % du bénéfice net, soit environ 362 euros pour l’année 2024, tout en menaçant immédiatement d’établir un procès-verbal de désaccord en cas de refus. La rupture du dialogue s’est brutalement confirmée lors de la deuxième réunion : à la simple évocation par l’intersyndicale d’un dispositif de participation pérenne, la direction a interrompu la séance et a purement et simplement invité les représentants du personnel à quitter la salle, refusant le débat de fond.
L’impasse est devenue totale lors de la troisième rencontre. Face à une revendication syndicale légitime de 5 % du bénéfice net, représentant environ 3 600 euros, la direction s’est enfermée dans une posture dogmatique, proposant une prime fixe de 500 euros bloquée sur cinq ans. Pire encore, alors que les syndicats faisaient un pas vers le compromis en abaissant leur demande à 4,5 %, la direction a rejeté l’offre d’un revers de main, prétendant faussement ne disposer d’aucune marge de manœuvre. Un mensonge économique flagrant, alors que l’entreprise a réalisé un bénéfice net supérieur à 3 millions d’euros et dispose de plus de 32 millions d’euros de réserves. Le refus de payer n’est donc pas une contrainte de gestion, mais bien un choix idéologique.
Stratégie de la division et mensonges éhontés
Depuis le déclenchement de la grève le 16 décembre, la direction locale et nationale a opté pour des méthodes indignes visant à briser le collectif. Après une journée de silence et d’absence totale sur le site le 17 décembre, laissant l’usine à l’abandon, M. Francis Mazet a tenté le lendemain de contourner les instances représentatives. Il s’est adressé directement à des salariés isolés pour propager des rumeurs mensongères, accusant les délégués de réclamer des sommes extravagantes de 10 000 euros et insinuant que la CGT serait « manipulée ». Cette tentative grossière de personnaliser le conflit pour éviter de parler du partage de la valeur s’accompagne d’un chantage illégal, la direction conditionnant toute reprise des négociations à l’arrêt préalable de la grève, ce qui constitue une entrave caractérisée au droit constitutionnel.
La provocation a atteint son paroxysme lorsque la DRH a annoncé le report des discussions au 6 janvier 2026, souhaitant cyniquement de « bonnes vacances » aux grévistes. Ce calcul méprisant, qui parie sur l’essoufflement du mouvement pendant la trêve des confiseurs, se heurte pourtant à la détermination des salariés. À ce jour, fait gravissime, aucune trace écrite officielle des négociations n’a été transmise par la direction, preuve supplémentaire de sa volonté de se soustraire à ses obligations légales et de naviguer en eaux troubles.
Solidarité avec les grévistes de Linde AMT Mercus !

Malgré les pressions et les tentatives d’intimidation, la grève tient bon. La direction s’inquiète déjà du report des expéditions de fin décembre et de l’annulation de l’inventaire. L’usine est un maillon stratégique ; chaque jour de grève pèse lourdement sur les clients et l’image du groupe. L’intersyndicale s’apprête d’ailleurs à saisir l’inspection du travail pour dénoncer l’absence de loyauté dans les négociations et les entraves constatées.
L’Union Locale CGT Foix Haute-Ariège appelle l’ensemble des syndicats et des travailleurs du département à apporter leur soutien moral et matériel aux camarades de Linde AMT Mercus. Leur combat contre l’arrogance patronale et pour le partage de la valeur est le nôtre. La direction parie sur l’usure ? Elle trouvera face à elle la solidarité de classe.
Union Locale CGT Foix Haute-Ariège – 20 décembre 2025