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Grève illimitée au CHIVA : Les hospitaliers face à une direction violente, irresponsable et déconnectée

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Le mardi 24 février 2026, le personnel soignant du Centre Hospitalier Intercommunal des Vallées de l’Ariège (CHIVA) a massivement débrayé, franchissant un nouveau cap avec l’amorce d’une grève illimitée. Face à une direction enfermée dans ses certitudes et sourde à la souffrance des services, les travailleurs de la santé, soutenus par l’interpro, les retraités et la population ariégeoise, ont fait front. Cette mobilisation exceptionnelle démontre que la destruction de notre outil de travail public et la maltraitance institutionnelle ne se feront pas sans une résistance acharnée de celles et ceux qui produisent véritablement le soin.

Un management par la terreur et le vol organisé des travailleurs

Ce que vivent les agents du CHIVA au quotidien n’est plus seulement de la mauvaise gestion, c’est une véritable politique de violence, sciemment orchestrée. Depuis l’arrivée du nouveau directeur général, M. Doueret, il y a à peine huit mois, les pressions ont pris une tournure inacceptable. Le cynisme de la direction a atteint son apogée lors des dernières fêtes de fin d’année, période durant laquelle de nombreux agents ont reçu, à leur domicile, des courriers recommandés leur signifiant leur licenciement pour inaptitude ou le non-renouvellement de leur contrat, après trois, quatre, voire cinq années de bons et loyaux services.

La répression s’abat même sur les corps meurtris : des agents atteints de maladies graves ou en chimiothérapie se voient infliger des convocations en conseil de discipline pour des motifs totalement farfelus et inventés de toutes pièces. À cette violence psychologique s’ajoute une spoliation pure et simple des droits des travailleurs. Les effectifs n’étant pas adaptés aux besoins réels, les agents sont incessamment rappelés sur leurs jours de repos. La direction organise un vol systématique : heures supplémentaires non rémunérées, confiscation des congés et des RTT, et refus délibéré de verser les primes légales telles que la NBI (Nouvelle Bonification Indiciaire) ou la prime de risque. Pendant que l’on épuise les soignants, le service de santé au travail brille par son inaction, laissant les personnels démunis face à cette gestion délétère et structurelle du temps de travail.

L’incompétence de la direction payée par les salariés

La situation financière du CHIVA est régulièrement brandie pour justifier ces purges et cette austérité. Or, ce déficit abyssal n’est pas le fruit de la qualité des soins prodigués par les agents mais bien l’héritage direct de la gestion désastreuse de la précédente directrice, Mme Marie Liuniac. C’est l’encadrement supérieur qui a mal géré les deniers du service public mais c’est aujourd’hui aux travailleurs de terrain de payer les pots cassés de cette incompétence.

Pendant que l’on impose des sacrifices aux agents, que l’on fait pression sur les titulaires comme sur les contractuels, la direction s’octroie de nouveaux privilèges. Les salariés ont ainsi découvert avec stupeur, lors de la publication du dernier organigramme, la création de deux postes de directeurs supplémentaires. Une fois de plus, les deniers publics servent à engraisser une bureaucratie administrative aux salaires et aux primes bien épaisses, au détriment des postes de soignants et de la prise en charge des patients.

Le mépris de classe poussé à son paroxysme

Le mépris de cette direction s’est illustré de la manière la plus caricaturale lors de cette journée d’action du 24 février. Alors que les agents étaient rassemblés, déterminés à défendre l’hôpital public, le directeur général avait choisi… l’absence. M. Doueret n’était pas retenu par des obligations professionnelles impérieuses : il était parti skier en pleines vacances scolaires, abandonnant un établissement en crise. Voilà la réalité du respect accordé aux travailleurs hospitaliers en Ariège.

Il aura fallu la force du collectif, la détermination de la CGT et une saisine immédiate de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour contraindre cette direction fuyante à recevoir une délégation à 13 heures. Face aux représentants syndicaux, le directeur a dû entendre les mots de soignants épuisés, en colère, qui ont libéré la parole sur les faits de harcèlement, de racisme et d’intimidations subis au quotidien. Le directeur s’est engagé à apporter des réponses précises. Mais la CGT ne se contentera pas de promesses. Les agents n’ont pas choisi le conflit, ils ont choisi de dire STOP. La peur a changé de camp, l’unité est totale, et nous exigerons jusqu’au bout un traitement digne pour les travailleurs et un service public de qualité pour la population.

Retrouvez l’intervention complète et sans concession de Virginie Fachon, secrétaire générale du syndicat CGT CHIVA, réalisée lors du rassemblement.

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